La Sigoise
La vie à Saint-Denis du Sig en oranie (Algérie) de 1845 à 1962.

Accueil > Les Chroniques & Poèmes de sigois

Les Chroniques & Poèmes de sigois

Dernier ajout : 24 octobre 2011.

Articles de cette rubrique

  • Tout conte fait, ou la perte des racines

    27 septembre 2010

    Préface de (Gérard Théry), a habité au Sig en 1955/56, et en a gardé un
    vivant souvenir.

    "La déchirure des peuples qui ont quitté leur terre est
    indélébile. Déchirure du cœur, déchirure de l’esprit. Ainsi en
    fut-il en d’autres temps des Acadiens, des Polonais, des Palestiniens et
    de tous les peuples arrachés à leur sol. La blessure des corps et des
    esprits n’est pas cicatrisable. Les amputés d’une jambe gardent,
    jusqu’à leur mort, la douleur à la jambe absente.
    Pour des souvenirs aussi douloureux, le livre d’Alain Bonet ne pouvait
    être un roman continu, classique, une fabrication à la mode du temps. Le
    tourment de la séparation, la peur, la fuite pour une destination
    incertaine, imposaient un style vif, cru, cruel même, une diffraction du
    vécu en des couleurs et des perspectives différentes, disséminée dans
    l’espace et le temps.
    La terre d’Algérie est belle, cette région de l’Oranie est fertile.
    Au pied de collines dorées au lever du jour, bleutées au couchant, la
    plaine est irriguée de l’eau de la grande baignoire d’un barrage
    immobile, accroché à la montagne. Les oliveraies dévident jusqu’aux
    lointains leurs horizons vert pâle. Les oranges et les mandarines
    mûrissent, derrière les rideaux de cyprès qui les protègent du vent.
    Musclé par le soleil, le vin est fort et capiteux. Musulmans ou
    chrétiens, les enfants poussent dans les écoles des cris joyeux. Il peut
    faire froid l’hiver et les poêles ronflent dans les cuisines. Pour la
    nuit de Noël, les cloches de l’église carillonnent.
    Les paysages où l’on a vécu, où l’air est paisible, où sont
    enterrés les ancêtres, vous protègent et bercent votre vie. Ils sont
    rassurants. Quelle menace viendrait rompre cette immanence ? Pourtant, un
    jour l’horreur éclate : des plaintes d’enfants égorgés, des
    innocents qui tombent sous les balles, des carnages, des tueries, les cris
    effroyables de suppliciés.
    Il faut fuir, alors. Les trois enfants en avant-garde, encombrés de
    valises, jetés sur le quai de la gare de Dijon, l’aîné, à qui l’on
    devra ce récit, à peine âgé de seize ans, veillant sur ses sœurs
    endormies. Les parents, un peu plus tard, laissant tout pour ne se munir
    que du premier indispensable. Il faut repartir dans la vie, trouver un
    métier, et pour le fils, reprendre les études interrompues, passer le
    bac. Qui aurait pu faire imaginer ce cataclysme, des années auparavant,
    à ces populations tranquilles ?
    Le beau récit qui nous est proposé a l’intelligence de ne pas se
    limiter au seul exode des Français d’Algérie. Il interroge le passé
    d’une famille : tous sont venus d’Espagne, fuyant la pauvreté,
    croyant s’établir pour longtemps. À chacun est dédiée une
    monographie en relief, minutieuse et colorée. En tous, le désir de vivre
    et d’échapper à la misère. Des scènes naïves alternent avec
    d’autres, burlesques, parfois cruelles. Un séjour bouffon à la colo,
    première immersion en une métropole ignorée, succède à des scènes
    ordinaires, parmi les maisons basses, une amitié avec un camarade plus
    tard assassiné. Parmi les portraits, l’auteur s’attarde sur celui de
    sa mère, Candide, sur sa jeunesse, sur sa constance tranquille au milieu
    des enfants. Inaltérable, veillant à tout. Il nous la décrit en ses
    derniers jours, dans une maison de vieillards, privée de conscience, ne
    se souvenant de rien, absente de ce quelle a vécu.
    Rien ne manque à ce tableau à vif. Le style en est vigoureux, imagé, il
    frappe bien les épisodes de ce kaléidoscope, ces tranches de vie
    bigarrées, tendres et dramatiques. Les scènes passent, l’oubli est
    impossible. La blessure en effet reste, jamais effacée, toujours
    douloureuse."

  • Le printemps au SIG en 2009

    7 avril 2009

    Voici les impressions ressenties et les images perçues au cours d’un voyage en solitaire, qui s’est déroulé du 14 au 21 mars 2009 dans notre village natal.
    Dés que l’on prend la route de la Sénia pour le Sig, on est surpris par une autoroute qui va permettre bientôt de rejoindre notre village en 20 minutes. Cette autoroute, construite par les Chinois, comprend 6 voies et permet dans un premier temps, de se rendre rapidement au Tlélat. Bien qu’elle soit encore interdite à la circulation, mon (...)

  • Des souvenirs de ma petite enfance en Algérie, je n’en ai pas beaucoup…

    19 janvier 2009

    A MESSIEURS JOSEPH SANCHEZ ET MESTOUR
    Parti trop jeune, je n’ai gardé en mémoire que quelques images qui me rappelle ce pays…
    …l’école maternelle… je viens de me blesser en tombant dans la cour de l’école… un visage de bonne sœur se penche sur moi…
    ….mon frère et moi essayant d’attraper une tortue …
    …une visite chez les grands parents et la fraicheur de la salle à manger contrastant avec la canicule extérieure…
    …et puis ma mère qui nous habille à une heure trop matinale pour des enfants, et nous dit que (...)